Dis moi ce que tu lis #2 Au mois d’août

Souvent Août est synonyme de congés pour moi. Pas vraiment par choix, mais j’ai quasiment toujours travaillé dans des milieux pour lesquels c’est la saison creuse ou des structures/magasins qui ferment à ce moment là.

A chaque fois j’espère mettre ce temps de repos imposé à profit pour pouvoir défoncer ma PAL, mais c’est sans compter sur le fait que j’achète les livres plus vite que je ne les lis, et également que j’ai vachement de séries en retard. Du coup ça aide pas…

Bref, tout ça pour dire, voici donc mes lectures d’août.

 

Ce n’est pas toi que j’attendais – Fabien Toulmé

Comment gérer l’arrivée d’un enfant trisomique lorsque c’est son pire cauchemar? Fabien Toulmé raconte ici ce difficile moment de sa vie, entre humour et dureté. Parce qu’il est super dur ce titre quand même. Alors comment ça se passe? Comment peut on aimer son enfant quand on n’en veut pas? Ou pas un comme ça? Cette BD est vraiment top, on rit on pleure, c’est la vie, et parfois c’est pas facile. Je recommande vraiment cette lecture à tout le monde, ça fait du bien par où ça passe.

 

L’Iliade et l’Odyssée – Soledad Bravi

Soledad je la connais pour ses illustrations dans les magazines, particulièrement Elle, mais je ne savais pas qu’elle publiait des albums. Et comme le sujet de celui-ci me tentait bien, bah j’ai tenté. Et c’est franchement sympa à lire! C’est drôle, concis (un peu trop à mon goût d’ailleurs, quand on aime on en voudrait plus) bref ça retrace l’histoire de Pâris, d’Homère et de tous leurs petits potos de façon fort chouette.

 

En finir avec Eddy Bellegueule – Edouard Louis

Je sais pas si on peut dire autobiographie, roman personnel, autofiction, mais on peut dire que c’est la merde en tout cas. Bienvenue dans la misère sociale et intellectuelle, où le petit Eddy, qui n’est pas un garçon comme les autres – entendre dur et très con-  subit la violence quotidienne de son entourage. Entre racisme, homophobie et sexisme, je crois qu’on touche ici au pire de l’homme et après avoir lu ça d’une traite, on se dit que notre vie est belle et lumineuse en comparaison! Une lecture parfois gênante, un peu malsaine, mais qui vaut le détour.

 

Les derniers jours de nos pères – Joël Dicker

L’été dernier j’ai dévoré L’affaire Harry Quebert du même auteur, j’ai donc eu envie de lire son premier roman. Le mec a le même âge que moi et a déjà sorti trois pavés, c’est le genre de parallèles où tu te dis « bordel j’ai fait quoi moi? A part un très bon banana bread certes ». J’ai tout autant aimé ce roman, pourtant c’était pas gagné d’avance: l’histoire se déroule pendant la seconde guerre mondiale et retrace la création des services secrets britanniques. En gros hein. Mais c’est plus que ça. Du coup je suis complètement tombée dedans, j’ai vraiment aimé cette lecture, je me suis attachée aux personnages et j’ai chialé ma race aux bons moments, bref la cliente idéale.

 

Réparer les vivants – Maylis de Kerangal

Quel beau titre prometteur! Quel sujet passionnant! La transplantation cardiaque , le don d’organes, les symboles que ceux ci véhiculent… mais je suis passée à côté de ce roman, principalement à cause du style auquel je n’ai vraiment pas accroché (« mêmement » toutes les deux pages, no way José!) et puis j’aurais voulu voir après… savoir la suite, avoir l’autre côté. Tant pis.

 

La maladie de Sachs – Martin Winckler

Je n’ai pas vu le film mais ayant beaucoup aimé Le choeur des femmes du même auteur, j’ai acheté ce roman sans hésitation. Et je galère tellement à le finir… Je l’ai mis en lecture d’août mais j’ai triché en fait, il sera terminé en septembre voire octobre je pense… Le pitch de départ: Bruno Sachs soigne tout le monde, mais qui le soigne, lui? J’en suis à la moitié, et ce n’est pour le moment qu’une succession de description de rendez vous médicaux. Même si j’ai beaucoup aimé au départ, là ça devient franchement long et j’ai hâte que ça change. Si ça change… A voir donc, début mitigé!

 

Voila pour ce beau mois d’été bien pourri (sérieux, il a fait un temps tout naze!). Un bilan donc plutôt positif, ce qui est bien. Bye.

 

Dis moi ce que tu lis #1

 

Cette semaine est sorti le deuxième tome de « L’Arabe du futur » de Riad Sattouf.

11393137_10152930315363359_9187623098411766144_n

 

J’ai rarement attendu aussi impatiemment une bande dessinée. Et il aura fallu attendre un an soit une éternité.

J’ai eu l’opportunité de croiser Riad Sattouf au festival de BD d’Angoulême en janvier, je lui ai donc dit tout le bien que je pensais du tome 1 et à quel point j’attendais la suite. Il m’a répondu « J’espère que je serais à la hauteur de l’attente ».

Dans le tome 1, on suivait le tout petit Riad. Il racontait l’histoire de ses parents, leur rencontre, le départ en Lybie, les souvenirs d’enfance dans ce pays étranger, les anecdotes drôles, les anecdotes dures.

Dans ce deuxième tome, Riad a un peu grandi et habite maintenant en Syrie. Il rentre à l’école et cela devient le terrain de nouvelles anecdotes, toujours plus drôles, toujours plus dures. Entre la misère, la dictature, l’ennui de sa mère et les paradoxes de son père, Riad dessine et raconte en détail sa jeunesse au moyen-orient.

Et c’est franchement top. C’est fin et efficace. Je me suis forcée à ne pas tout lire d’un coup. J’ai réussi à faire durer le plaisir deux soirs. J’ai ri, vraiment, j’ai été ému aussi. Je conseille cette lecture à tout le monde. A ceux qui aiment l’histoire, à ceux qui aiment rire, à tout ceux qui aiment lire en fait, et même aux autres. C’est le genre de BD que je voudrais lire en permanence, c’est exactement ce style que j’aime, un peu dans l’esprit des chroniques étrangères de Guy Delisle, qui sont tout autant des tueries et que j’attends tout aussi impatiemment.

Deux autres tomes doivent voir le jour. Attendre.