Une journée à Nantes

Je suis née à Nantes et pourtant je connais très mal cette ville. J’y ai vécu les deux premières années de ma vie et n’y suis par la suite retournée que pour passer Noël en famille. Il est arrivée une fois ou deux que nous allions nous promener un peu en centre-ville, mais jamais très longtemps et je n’avais pas forcément le choix de l’itinéraire.

Il y a deux semaines, on y a passé une journée en speed et on a quand même eu le temps de faire un petit tour.

On a commencé par aller voir le quartier de Trentemoult, ancien village de pêcheurs qui se situe au sud de La Loire.  Trop mignon avec toutes ces façades colorées, c’est clairement devenu un repaire branché et squat pour chats paresseux.  Je viendrais bien m’y installer, ça m’inspire toutes ces petites rues en patchwork.

Ensuite nous sommes allés déjeuner sur L’île de Nantes. J’avais repéré un resto à burgers, c’est un peu une passion chez moi, j’en parlerais peut-être un jour. Celui-ci propose 5 burgers végétariens, ce qui nous intéressait donc. Le Melting Potes a encore mieux rempli son rôle qu’on ne le pensait. Proprio super sympa, déco cool ( du star wars sur les murs et dans les WC), jeux de société à dispo, et surtout bon burgers bien copieux! Comme on est végé, on n’avait pas le droit à la poutine, mais le monsieur fort sympatoche nous a proposé de remplacer la sauce brune par de la crème… On a éclaté nos frites en deux minutes!

Nous avons été digérer près des Machines de l’île, certes fermées entre midi et deux, mais nous avons quand même pu voir l’éléphant ou encore l’arbre à basket.

Il est bien balèze et ça m’aurait plu de le voir en marche mais qu’à cela ne tienne, nous reviendrons.

Puis nous avons fait un graaaand tour de ville, en s’arrêtant à (quasi) toutes les librairies et magasins de sneakers. Passage obligé par le passage Pommeraye, j’ai tenté une photo mais j’ai vite laissé tomber, beaucoup trop de monde.

En remontant vers le théâtre Graslin, nous sommes tombés sur La Maison d’Elise, un bar à chat caché dans une petite rue. Du coup, on n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter pour un chocolat viennois .

C’est tellement trop bien les Maine Coon, dommage que ça coûte un bras.

On a ensuite été dépenser le PIB du Bengladesh à La Mystérieuse Librairie, spécialisée BD, comics et manga. C’était pas du tout prévu mais j’ai pas pu m’empêcher :(

On a continué notre promenade, tombant sur des églises et cathédrales à chaque coin de rue. On a cherché le Game Over, le barcraft de Nantes, mais en passant devant, ça nous a pas trop donné envie… Sorry les gars…

Il commençait déjà à faire sombre donc on a terminé par faire le tour des remparts du château des ducs de Bretagne, qui est déjà pas mal en journée mais qui est sacrément beau gosse de nuit!

Puis on est rentré parce qu’on commençait sérieusement à se les peler, et y’avait de la soupe de butternut et une tarte aux pommes qui nous attendaient chez pépé et mémé, ça va deux minutes les conneries.

On a beaucoup aimé la ville, c’est beau, y’a plein de choses à voir, à faire, à manger… et on s’y est senti bien, malgré la foule du samedi. On reviendra bientôt, j’ai encore une petite liste de trucs à voir: l’île de Versailles et son jardin japonais, le jardin des plantes et les créations de Mr Ponti ou encore le Lieu Unique et sa tour…

Les adresses:

http://www.meltingpotesnantes.com/

http://lamaison-delise.fr/

http://www.mysterieuse-librairie.fr/

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Dis moi ce que tu lis #4 Novembre

Bon je suis pas sûre de garder ce format mensuel en fait. Ça allait pour septembre-octobre vu que j’avais pas lu grand chose, mais là ça fait beaucoup. Beaucoup à écrire pour moi et beaucoup à lire pour vous. En plus j’ai tendance à oublier si je note pas vite mes sensations donc bon… Du  coup je vais peut-être plutôt faire au fur et à mesure, quand j’en ai envie, quand j’ai le temps, etc…

Commençons tout de suite.

 

Le Carmine Vault – Fafi:

Après les murs des rues et ses fafinettes, place au roman graphique. C’est super coloré, c’est barré, c’est chouette. Pas tellement besoin d’en dire plus, c’est presque un objet de collection en fait.

 

Culture Geek – David Peyron:

Cet essai aborde beaucoup, voire toutes les facettes de la culture geek, fait pas mal de références, mais je reste un peu sur ma faim. Il aurait mérité d’être un peu plus approfondi, illustré, bref plus consistant. Cela reste une bonne lecture, peut-être un peu obscure si on n’y connait rien du tout et qu’on capte la moitié des références.

 

La part du colibri – Pierre Rabhi:

Une très jolie édition illustrée par Pascal Lemaître. Cela devrait être une lecture obligatoire: Pierre Rabhi nous appelle à aimer et à prendre soin de la Terre et de la nature, avant la catastrophe écologique qui nous guette. Arrêtons d’être égoïste, d’être dans l’antagonisme et la surconsommation, comme il le dit « il n’y a pas de limite au superflu ».

 

Une histoire de tout, ou presque – Bill Bryson:

Bill a un jour décidé qu’il pourrait être intéressant d’en savoir un peu plus sur le monde qui l’entoure. Il a donc passé trois ans à lire, à rencontrer des experts, bref à se renseigner sur plein de trucs et il a tenté de rendre ça abordable pour le commun des mortels. C’est vraiment intéressant, quasiment tous les sujets sont abordés de façon plus ou moins simple, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, en passant par les animaux et les origines de l’homme. Une lecture enrichissante et dont je me suis régalée.

 

L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine – Ruwen Ogien:

« Questions de philosophie morale expérimentale ». Tout n’est pas si simple! Et on s’en rend compte au fil des expériences menées: « Et moi, je ferais quoi? » Parfois ça dérange, parfois ça nous parait évident, mais souvent, il n’y a pas de réponse parfaite. Intéressant et remet certaines choses qui nous paraissent acquises en question, mais fut parfois un peu long et dense en terme d’explication philosophique…

 

Les teen movies – Adrienne Boutang et Célia Sauvage:

Essai qui retrace la vie de ces films, des années 50 à plus récemment et qui répertorie tous les sous-genres. On parle d’American Pie, d’Elephant ou de Cry baby cry, de leurs valeurs communes, de l’envie adolescente de s’émanciper des adultes, pris entre l’insouciance et les drames d’une génération. C’est assez scolaire mais pas mal non plus, et ça m’a donné envie de revoir plein de films, j’ai de quoi passer l’hiver au chaud.

 

Treize raisons – Jay Asher:

Hannah s’est suicidée. Avant cela, elle a enregistré des cassettes sur laquelle elle dénonce les treize personnes et donc les treize raisons qui expliquent son geste. On suit ici son ancien camarade Clay qui écoute les cassettes… Alors! La lecture est agréable, l’idée est bonne et la double narration tient bien la route. Mais le côté rabâchage de « tous nos actes, toutes nos paroles, ont des conséquences » (et pourtant j’y crois) m’a un peu ennuyé et Hannah est un peu relou à se victimiser et à ne pas se remettre en question, on a l’impression que rien n’est de sa faute alors que bon, y’a des moments où je me suis dit « ah bah non Hannah! Tu déconnes là! » Sans spoiler, l’effet papillon est un peu utilisé à tort et à travers « si j’ai laissé Jean-Jacques tué Cindy c’est parce que le prof de maths m’avait dit que ma copie était nulle ». Mouais. Apparemment c’est dans les meilleures ventes jeunesse et les critiques que j’ai pu lire sont plutôt très bonnes…

 

Room – Emma Donoghue:

Jack a 5 ans. Sa maman et lui vivent enfermés dans une pièce. Depuis quand, pourquoi, on l’apprend au fil des pages, par la voix de Jack. J’ai cru que je ne tiendrais pas jusqu’au bout avec ce langage d’enfant mais finalement on s’attache au personnage de Jack et on reste pour la suite. C’est un bon roman, avec des moments émouvants, d’autres un peu plus longs ou inutiles, mais dans l’ensemble plutôt pas mal.

 

Fahrenheit 451 – Ray Bradbury:

Le futur. La lecture est interdite et considérée comme dangereuse (ça libère l’esprit les gars!) et les pompiers sont là pour brûler les quelques livres qu’il reste. Un pompier commence à se poser des questions et a chouraver des bouquins… Quoi dire, ça se lit vite, trop vite, l’intrigue et la réflexion aurait pu encore durer des pages et des pages pour ma part, mais ce côté rapide, dans l’urgence marche très bien. C’est intemporel, ça fait froid dans le dos, lisons mes amis!

 

Demain est un autre jour – Lori Nelson Spielman:

A la mort de sa mère, Brett pense hériter de l’empire cosmétique que celle-ci a fondé. Mais cette dernière a d’autres plans en tête pour sa fille et décide plutôt de lui léguer sa propre liste d’objectifs d’adolescente, avec comme consigne de tous les remplir si elle veut toucher sa part d’héritage… J’étais un peu réticente, je ne suis pas fan du style comédie romantique, mais si on prend le parti de jouer le jeu et de se laisser porter, et bah ça se passe plutôt bien! Certes, des dialogues pas toujours extraordinaires, des choses complètement irréalistes et une fin vraiment rapide, mais ça reste une lecture plutôt agréable je trouve.

 

Sur cette touche de légèreté, je me retire. Le mois qui arrive me paraît bien long. Bye.

 

Dis moi ce que tu lis #3 Septembre / Octobre

J’ai toujours été ce qu’on appelle une grosse lectrice: toujours une PAL d’avance, toujours un bouquin dans mon sac, toujours au moins 3 lectures en même temps (j’en suis à 8 en ce moment…), toujours à regarder les nouveautés, à flâner en librairie. D’ailleurs en général, y’a trois choses qui m’intéressent quand je vais visiter une ville: ses restos, son théâtre et ses librairies.

Et parfois y’a des moments où je ne lis pas du tout. Par flemme, par manque de temps, parce que vie à deux donc envie de partager du temps avec l’autre. Mais souvent par flemme quand même, faut avouer que c’est bien plus simple de se caler devant une série.

Bref, tout ça pour dire, avec toutes ces nouvelles séries, j’ai l’impression de pas avoir pris le temps de lire.

 

L’année du crabe – Alice Baguet

Alice a 19 ans lorsqu’elle apprend qu’elle a un nouveau pote: Jean-Pierre, un cancer. On suit donc un an de la vie de la jeune fille, comment on cohabite, comment on vit, comment on en a marre et comment on rit, aussi, parfois, avec ce nouvel ami. C’est délicat de juger ce genre de bouquins je trouve, l’auteur livre un peu de son intimité et nous fait part de son expérience, qui lui est propre, du coup, qu’est ce que tu veux dire… C’est intéressant et parfois amusant de savoir comment ça se passe côté malade, mais je crois que j’aurais encore plus aimé si ça avait été plus long, plus détaillé, j’ai l’impression d’avoir survolé le truc. Il n’empêche que la façon d’aborder le sujet est drôle et touchante.

 

Le charme discret de l’intestin – Giulia Enders

C’était pas forcément un titre qui m’attirait, mais après l’avoir vu beaucoup en tête de gondole, dans la presse et sur des blogs, j’ai tenté le coup. En général la surexposition a tendance à me faire fuir mais cette fois-ci j’ai laissé une chance, et je ne regrette pas. Giulia nous livre ici un compte rendu sur ce que l’on sait de l’intestin, cet organe mal-aimé et du système digestif en général. C’est vraiment intéressant, c’est drôle et illustré par la soeur de Giulia. Où l’on apprend qu’il faudrait mettre un tabouret sous nos pieds pour mieux faire caca et que si t’es en dépression, change ton alimentation. Je recommande vraiment cette lecture à tout le monde, on en apprend un peu plus sur nous-même, ce qui est toujours bien.

 

Pétronille – Amélie Nothomb

Je lis Nothomb depuis Stupeur et tremblements en 1999, mon père me l’avait offert à Noël et c’était en quelque sorte devenu une sorte de tradition, j’avais mon Nothomb de l’année sous le sapin. Y’en a 2/3 que j’ai raté depuis, la faute d’habiter à l’autre bout du monde, mais on peut dire que j’ai quasiment tout lu d’elle. Il y a deux genres, parmi ceux qu’elle aborde, que j’aime particulièrement: les récits auto-biographiques autour du japon (Stupeur et tremblements, Métaphysique des tubes, Ni d’Eve ni d’Adam) et les romans comme des contes (par exemple Mercure, que j’aime beaucoup relire). Son style est simple, souvent autour de dialogues bien ficelés, la lecture est plaisante et rapide. Mais voilà, depuis quelque temps, elle ne me surprend plus, ne me fait plus rire, j’ai l’impression que notre relation perd en intensité… Pétronille me laisse un goût fade, lecture sans grand intérêt, heureusement rapide…

 

La maladie de Sachs – Martin Winckler

Bon j’ai enfin terminé ce pavé! Ça a été un peu mieux sur la fin, on en apprend de plus en plus sur notre personnage, mais la longueur de la mise en place a vraiment failli me décourager…

 

Le dernier mot – Hanif Kureishi

Un jeune écrivain doit écrire la biographie d’un vieil écrivain dont la notoriété décline. Entre les exigences commerciales de l’éditeur et la  volonté du vieil homme de restituer une image flatteuse, la tâche s’annonce plus difficile qu’il n’y parait… Mouais bah j’me suis emmerdé! Vraiment du mal à entrer dedans, j’ai trouvé la première partie loooooongue et laborieuse, ça a été à peine mieux sur la seconde partie… C’est lent, les personnages ne sont pas marquants, j’ai vraiment résisté pour pas laisser tomber.

 

La théorie du chien perché – Marie-Sabine Roger

Juliette est une gamine un peu particulière, Etienne est un simple d’esprit. Et voici deux nouvelles, deux personnages, « en rupture avec le monde sensé des adultes ». C’est trop court, c’est très beau, c’est vraiment émouvant. C’est touchant et pas courant de donner la voix à ce genre de personnages et l’auteur le fait avec une douceur et sans aucune condescendance et ça remet un peu les choses en question. Et si les fous c’était nous?

 

Je me retire sur cette question existentielle. Bye.

Dis moi ce que tu lis #1

 

Cette semaine est sorti le deuxième tome de « L’Arabe du futur » de Riad Sattouf.

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J’ai rarement attendu aussi impatiemment une bande dessinée. Et il aura fallu attendre un an soit une éternité.

J’ai eu l’opportunité de croiser Riad Sattouf au festival de BD d’Angoulême en janvier, je lui ai donc dit tout le bien que je pensais du tome 1 et à quel point j’attendais la suite. Il m’a répondu « J’espère que je serais à la hauteur de l’attente ».

Dans le tome 1, on suivait le tout petit Riad. Il racontait l’histoire de ses parents, leur rencontre, le départ en Lybie, les souvenirs d’enfance dans ce pays étranger, les anecdotes drôles, les anecdotes dures.

Dans ce deuxième tome, Riad a un peu grandi et habite maintenant en Syrie. Il rentre à l’école et cela devient le terrain de nouvelles anecdotes, toujours plus drôles, toujours plus dures. Entre la misère, la dictature, l’ennui de sa mère et les paradoxes de son père, Riad dessine et raconte en détail sa jeunesse au moyen-orient.

Et c’est franchement top. C’est fin et efficace. Je me suis forcée à ne pas tout lire d’un coup. J’ai réussi à faire durer le plaisir deux soirs. J’ai ri, vraiment, j’ai été ému aussi. Je conseille cette lecture à tout le monde. A ceux qui aiment l’histoire, à ceux qui aiment rire, à tout ceux qui aiment lire en fait, et même aux autres. C’est le genre de BD que je voudrais lire en permanence, c’est exactement ce style que j’aime, un peu dans l’esprit des chroniques étrangères de Guy Delisle, qui sont tout autant des tueries et que j’attends tout aussi impatiemment.

Deux autres tomes doivent voir le jour. Attendre.